Terres enfumées

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C’est dans les terres enfumées que je trouve le plus de possibilités de rêveries…

D’ailleurs l’argile est déjà une matière à rêver. Saisie à pleines mains, la terre nous ramène à ce contact premier, on s’allège de ses pensées pour devenir tout entier ce qui touche, ce qui est touché… on ne sait plus bien!

Sur des peaux d’argile que je polis longuement avec mon galet pour les rendre très lisses, la terre devient comme de la soie. Le geste est lent, répétitif, hypnotique, temps propice aux rêveries de la potière.

Ensuite vient l’offrande au feu, alors seulement la terre commence sa propre rêverie, qui m’échappe, elle arpente son propre rêve de craquelures, chemins égarés, signes improbables, ces dessins de fumée qui révèlent sa mémoire minérale, rêverie d’un autre âge…